où trouvez vous le temps en classe pour faire passer toutes ces éval ? (...) là merci de m’expliquer comment vous vous organisez pour faire passer si souvent des enfants en individuel !
Et bien, c’est avant tout une question de choix et de besoin professionnel, notamment en maternelle (puisque c’est là où il y a le plus de passations en individuel dans les évals proposées). Tout dépend donc de votre conception pédagogique et de vos besoins. Si vous n’avez besoin de faire le point que 2 fois par ans avec vos élèves, inutile de faire passer les évals 4 fois. Au départ, ces évaluations ont été pensées pour des cycles 3 et au fur et à mesure nous les avons adaptées au cycle 2 puis au cycle 1. C’est donc une démarche plutôt de type « élémentaire » que « maternelle » bien que l’une et l’autre démarche aient à s’apprendre mutuellement.
Trouver le temps pour évaluer à un instant T1, T2 et T3 est parfois plus aisé que d’évaluer au fil de l’année, car cela permet de se détacher en tant qu’enseignant du support d’évaluation et de porter 3 ou 4 fois par ans un regard « neuf » sur les élèves. Ce qui n’est pas possible lorsqu’on évalue au fil de l’année en fonction des avancées des élèves. Choisir l’une ou l’autre des possibilités c’est affaire de goût personnel et d’aisance professionnelle. L’objectif demeurant que les élèves parviennent à acquérir les compétences nécessaires à la poursuite de leur scolarité (cf. compétences à acquérir en fin d’école maternelle).
Donc si vous faites le choix d’évaluer plusieurs fois dans l’année vos élèves, vous faites dans le même temps le choix d’organiser les enseignements dans le temps qui reste disponible. Pour ma part, je fais passer depuis 3 ans les évaluations de fin d’école maternelle à des élèves de MS. Ces évaluations ne seront donc pas à 100% réussies mais elles guident le travail et permet aussi d’orienter la marche à suivre. J’y consacre 2 bonnes semaines de passations par trimestre à raison de 2 plages horaires de 20 minutes par jour spécifiques à cette passation individuelle, ce qui veut dire que sur 28 élèves, 1 est en passation individuelle, tandis que les 27 autres sont en ateliers autonomes et semi-autonomes.
Le plus difficile c’est d’arriver à trouver un rythme et de faire passer la première évaluation, car les élèves ne sont habitués ni à ce système, ni aux formes d’exercices.
En classe, je privilégie plutôt le travail collaboratif autour des projets visant aux travers de réalisations concrètes l’acquisition de certaines compétences. La première fois cela prend donc du temps (et ça peut être laborieux), mais dès la deuxième fois les élèves se souviennent des types d’exercices ; ils ont par ailleurs assisté ou ont eu le retour par leurs parents sur l’entretien avec l’enseignant suite aux évaluations et sont donc mobilisés sur l’intérêt des évaluations.
À noter aussi que faire passer ces évals nécessite d’avoir pris le temps d’expliquer aux élèves qu’il s’agissait d’exercices évaluant ce qu’ils savent déjà faire et ce qu’il leur reste à apprendre d’ici la fin de la maternelle. Et qu’il est donc parfaitement normal qu’en début d’année ils ne sachent pas répondre correctement à tous les exercices proposés, mais que d’essayer de les faire permet de savoir comment mieux s’y prendre pour les aider à savoir résoudre la tâche demandée.
et, liée une autre question : les items identiques entre les 2 périodes d’observation sont à refaire passer pour voir l’évolution ?
Exactement. C’est même tout l’intérêt de ces évaluations de faire apparaître la progression des élèves et du groupe classe. Une évaluation qui change tout le temps de paramètre ne permet pas de voir la progression de l’élève. Celle-ci peut être supposée par l’enseignant, mais parfois avec une vue faussée : tel enfant s’exprime tout le temps, mais au final obtient des résultats moins élevés qu’un autre qui semble moins à l’initiative, sur la compréhension fine d’une histoire, ou sur la description d’une image... C’est ce que m’enseignent les évals à chaque passation. À chaque fois, elles me rappellent la réalité des compétences des élèves que mon jugement tend à émousser.
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